Craquage et diabète gestationnel : bien réagir après un faux-pas alimentaire

Vous avez mangé un bonbon et culpabilisez ? Je vous rassure, il est normal de craquer quand on a un diabète de grossesse. Je me souviens qu’après plusieurs mois de régime, j’ai eu un matin, au saut du lit, une envie incontrôlable de flocons d’avoine aux fruits rouges, le tout arrosé de lait d’avoine. Dans mon bol, il n’y avait donc que des glucides. Au cours de la journée, je me suis préparé deux autres fois ce petit déjeuner bien trop sucré. Tout cela pour dire quoi : qu’un gros craquage lorsque l’on subit un diabète gestationnel est quasi inévitable. À un moment, la frustration nous rattrape et voilà, on ne se maîtrise plus ! Reste qu’il y a une différence de taille entre faire un écart deux fois par mois et relâcher ses efforts trois jours par semaine… Un diabète déséquilibré, des hyperglycémies sévères récurrentes s’avèrent dangereuses aussi bien pour vous que pour votre bébé. Je ne suis pas médecin et ne m’aventurerai pas à parler à la place des professionnels de santé mais je vous mets toutefois en garde contre un excès… d’excès

Conseil n°1 pour les femmes enceintes stressées et/ou les premières de la classe : accepter de faire des écarts, donc de ne pas être parfaite

Se sentir coupable, s’autoflageller, voire éclater en sanglots après avoir mangé un croissant, c’est du gâchis ! Pourquoi ? Parce que vous venez de ruiner votre petit moment de bonheur. En plus, cela peut mener à une chute de moral vertigineuse. Vous pensez alors à votre régime antidiabète et cette phrase tourne dans votre tête : « J’y-arriverai-jamais-de-toute-façon ».

Vous restez sur un sentiment d’échec. De là, vous culpabilisez encore plus, vous perdez toute motivation et ne possédez plus les ressources psychologiques pour reprendre correctement en main votre alimentation. Résultat : vous êtes sur le point de craquer pour un deuxième croissant… 

Bon, vous l’avez compris, quand on est en pleine grossesse avec un diabète gestationnel, il faut à tout prix éviter de tomber dans ce cercle vicieux ! 

Acceptez les dérapages ! Comme je l’ai dit en introduction, craquer est normal. C’est même sain de mon point de vue. Nous ne sommes pas des sur-femmes. De plus, s’offrir une petite gourmandise de temps en temps est toujours mieux que de se contenir pendant six semaines pour finir par se lâcher complètement et faire n’importe quoi. 

Alors, quand une envie de chocolat vous prend aux tripes, dégustez deux ou trois carreaux et profitez de quelques minutes de bonheur au lieu de vous dire : « PuXXXX je suis en train de faire une connerie » ! 

Conseil n°1 pour les futures mamans ultra-détendues : ne pas banaliser ses excès alimentaires

À l’opposé, les femmes enceintes peu stressées et/ou très confiantes se diront peut-être : « J’ai craqué et alors ? Je m’en fous complètement ! » Pour moi, ce n’est pas non plus une bonne réaction, car cela conduit au même résultat que l’autoflagellation : les craquages risquent de s’enchaîner. Il n’y aura plus de limites puisque vous estimerez que vider un sachet de bonbons n’a aucune conséquence…

Le danger ? En arriver à ne plus suivre son régime du tout. Et ça, je ne vous le recommande pas ! Une grossesse avec un diabète déséquilibré peut vraiment poser problème.

Conseil n°2 en cas de craquage lors d’un diabète gestationnel : rebondir tout de suite 

Que vous fassiez partie des femmes enceintes anxieuses ou cool, il convient de toute façon de rebondir très vite après s’être laissée aller. Une fois la dernière bouchée de tarte ou de hamburger avalée, dites-vous : « Ce moment m’a fait du bien, j’en avais besoin. Maintenant, je suis reboostée et me sens prête à en découdre à nouveau avec mon régime ! Ce soir, c’est poulet grillé, légumes verts et riz complet ! » Il faut que ce petit moment d’égarement vous remette sur les rails, vous redonne de l’énergie. Jusqu’à l’accouchement, votre but doit rester de réduire votre hyperglycémie.

Par contre, si vous ne parvenez pas à vous remobiliser, si vous n’en pouvez vraiment plus de votre régime et/ou que vous vivez mal votre diabète gestationnel de manière générale, ne restez pas seule avec votre souffrance. Parlez-en sans tarder au gynéco, à l’endocrino et/ou à la sage-femme qui suit votre diabète de grossesse. Idem si votre glycémie est montée vraiment trop haut après un écart (disons au-dessus de 1,70 g/L deux heures après consommation).

Conseil n°3 : continuer à mesurer ses glycémies même quand on a craqué

Il me paraît vraiment important de continuer à contrôler ses taux, même s’il y a eu gros craquage. Sans cela, vous n’aurez aucune idée des conséquences de votre écart sur votre bébé et sur votre propre organisme. En outre, ce qui passera comme une lettre à la poste chez l’une sera peut-être inacceptable chez une autre. 

J’ai lu sur des forums quelques témoignages de femmes enceintes diabétiques affirmant qu’après un repas arrosé de Coca ou une virée au fast-food, elles obtenaient des valeurs inférieures à 1,20 g/L en postprandial, du style 1,10 g/L, voire moins. Ces taux sont hallucinants ! À se demander si elles souffraient réellement d’un diabète ! Certaines se disaient d’ailleurs que les médecins leur mettaient la pression pour rien puisque leurs valeurs étaient bonnes. Je les comprends…

Craquer de la sorte aurait été inenvisageable dans mon cas, mon lecteur de glycémie aurait explosé. Et quand on en arrive là, il y a danger…

Avant de craquer, il faut donc se connaître, savoir ce qui est tolérable ou non dans notre cas particulier. Et pour se connaître, il faut prendre ses taux ! Ensuite, une fois notre petit écart effectué, il convient de vérifier sa glycémie pour mesure l’ampleur des dégâts !  

Conseil n°4 : résister à la tentation de mentir sur ses taux

Quelle femme enceinte en hyperglycémie n’a pas eu au moins une fois envie d’écrire 0,89 g/L au lieu de 1,06 g/L sur son carnet de glycémie ? Moi qui ai toujours voulu être la première de la classe en ce qui concerne le suivi du régime, j’ai failli à deux ou trois reprises noter un taux plus bas que le taux réel.

Finalement, je n’ai pas menti. J’ai réfléchi pour finir par me dire ceci : « Au mieux ça ne sert à rien, au pire c’est dangereux. » Car si on cache la vérité une fois, il est bien plus facile de céder à la tentation par la suite. On tombe alors dans un engrenage, et là les amies, c’est la fin des haricots ! 

Honnêtement, jouez carte sur table. Expliquez à la sage-femme, à votre gynéco ou endocrino que parfois vous galérez à respecter les consignes alimentaires et qu’inévitablement vous craquez. Ils seront peut-être (certainement) plus indulgents que ce que vous pensez.

Une part de bûche à Noël ou un moelleux au chocolat pour votre anniversaire ne devraient pas poser de problème si votre diabète est équilibré. Je dis bien : si votre diabète est équilibré. Mais demandez à votre médecin ! Je vous parle ici de mon expérience et de ce que je pouvais m’autoriser. 

Conseil n°5 : cadrer ses prochains dérapages, car oui il y en aura d’autres pendant votre diabète de grossesse

Vous allez dire que je vous demande l’impossible : cadrer vos craquages, c’est-à-dire cadrer ce qui est par définition « incadrable ». Craquer, c’est obéir à une pulsion, on est bien d’accord. Oui, mais vous pouvez anticiper cette pulsion, vous y préparer

Première étape : quand vous faites vos courses, évitez les rayons qui « craignent ». Vous m’avez comprise hein… Non non, pas de détour par l’allée Nutella®, KitKat® et autres confiseries et friandises. Car là, vous vous exposez fatalement à toute une série de dérapages incontrôlés. Vous rentrez chez vous avec un pot de Nutella® de 1 kg. Vous allez forcément TOUT manger, donc c’est minimum 20 gros craquages assurés… Ce que je vous conseille, c’est plutôt de vous achetez une part de tarte ou de gâteau dans une bonne pâtisserie. Comme ça, il n’y a qu’un seul faux-pas..

Deuxième étape : ne consommez pas votre aliment interdit tout seul, car c’est le pic glycémique assuré. Par exemple, si vous succombez à un Paris-Brest, dégustez-le en dessert après un repas pauvre en glucides. Les aliments que vous avez mangés vont ralentir l’absorption des sucres contenus dans votre gâteau. La glycémie montera donc moins vite. 

Troisième étape : contrôler un minimum vos dérapages. Une pizza à midi, une glace au goûter et des lasagnes suivies d’une crème dessert au dîner, ce n’est pas un écart, ce sont trois énormes écarts consécutifs. Là, selon moi, ça va beaucoup trop loin. Vos glycémies vont plafonner à des niveaux stratosphériques, donc attention !

Je vous donne un exemple… Un soir, j’ai mangé une demi-pizza végétarienne maison. Deux heures après, ma glycémie atteignait 1,83 g/L. Et elle a eu bien du mal à redescendre. J’ai pris une nouvelle mesure deux heures après la première. Le lecteur affichait encore un taux à 1,81 g/L.

Cela ne signifie pas que vos valeurs auraient été similaires, mais ça vous donne une idée de ce qu’il peut se passer avec juste une demi-pizza !

Bon, je ne termine pas cette article sur une note très positive… Mais il y a quand même eu des lueurs d’espoir au fil de votre lecture : oui, craquer de temps en temps est normal, et presque conseillé !

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