Diabète gestationnel : apprendre à gérer la culpabilité | Ma méthode issue de 7 mois de régime antidiabète

Diabète gestationnel et culpabilité : il est souvent bien difficile de les dissocier. Se sentir coupable de son diabète de grossesse ; se dire : « si j’ai ce diabète gestationnel, c’est de ma faute », c’est dur et, en même temps, c’est bon signe. Pourquoi : parce que cela veut dire que vous placez la santé de votre bébé au-dessus de tout. Et cela, c’est la plus belle chose que l’on peut ressentir quand on est enceinte : aimer déjà son enfant, vouloir tout faire pour son petit garçon ou sa petite fille qui grandit en soi. Il n’y a pas de base plus efficace pour se motiver et trouver l’élan nécessaire pour suivre son régime antidiabète

On verra d’abord que les causes du sentiment de culpabilité quand on a un diabète de grossesse sont multiples, donc qu’il est tout à fait normal de se sentir en faute à un moment ou à un autre (voir tout le temps !). Ensuite, je vous donnerai les arguments qui vous feront sortir de la tête cette pensée lancinante : « je suis responsable de ce qui m’arrive. » Enfin, je vous livre ma méthode en quatre étapes pour retrouver énergie, fierté et garder le moral jusqu’à l’accouchement ! 

Prête ? C’est parti ! 

Diabète gestationnel : pourquoi se sent-on coupable ?

Je suis sûre que dans la liste des causes de votre sentiment de culpabilité, il y en a au moins une qui vous concerne. Déjà, cela signifie que votre réaction est tout à fait normale et que vous êtes loin d’être la seule femme enceinte ayant une hyperglycémie à vous sentir en faute. Tout cela est juste humain ! 

Il y a plusieurs moments où l’on culpabilise quand on souffre d’un diabète gestationnel :

  • à l’annonce du diagnostic ;
  • quand on suit le régime à la lettre et que, malgré tout, les glycémies restent élevées ;
  • quand on prend un petit coup au moral, pour de multiples raisons (contrariété au boulot, dans son couple, etc.), ou parce qu’on est crevée, et qu’en conséquence, notre force mentale diminue ;
  • quand on n’en peut plus du régime, qu’on a envie de craquer, puis que l’on craque en se disant : « Mer**, mais qu’est-ce que je suis en train de faire là ?!!!! » ;
  • dans les moments de doute, où l’on se demande quelles conséquences peut vraiment avoir le DG sur la santé de son bébé ;
  • parce qu’on doit être mise sous insuline et qu’on a peur des effets secondaires de cette hormone sur le fœtus. 

Au vu de toutes les raisons potentielles de ressentir de la culpabilité, il est impossible de passer à côté, au moins une fois pendant sa grossesse. Pourtant non, rien n’est de votre faute…

Diabète gestationnel : « est-ce de ma faute ? » Mais bien sûr que non !

Il y a de fortes chances qu’avant l’annonce du diagnostic, vous n’ayiez jamais entendu parler du diabète gestationnel. Dites-moi alors : comment pouvez-vous être responsable de quelque chose dont vous ignoriez l’existence ? 

Autre situation : vous avez déjà eu un diabète gestationnel. Dans ce cas, la probabilité d’être touchée lors des grossesses suivantes est (très) élevée, et ce, quoi que vous fassiez. Donc là aussi, aucune raison de vous sentir coupable, de penser que vous avez mal préparé votre grossesse (sauf, éventuellement, si vous avez vraiment abusé de produits sucrés entre vos deux grossesses). 

Et puis au-delà de ça, en temps normal, est-ce interdit :

– de manger un gâteau ? 

– de se faire un McDo entre copines ? 

– de savourer un repas plaisir avec son chéri dans un bon resto ? 

– de succomber à une glace en pleine canicule ? 

– de préparer un petit dej avec viennoiseries et baguette toute chaude le dimanche matin ? 

Bien sûr que non ! Cela fait partie des plaisirs de la vie, il ne faut pas s’en passer. D’ailleurs personne ne s’en passe et c’est très bien comme ça ! Alors non, vous n’êtes pas en cause dans l’apparition de votre diabète gestationnel. 

Selon moi, le problème vient plutôt d’une méconnaissance de ce problème de santé. Aucune action de prévention de la part des autorités publiques, les médecins n’en parlent pas… Les femmes enceintes n’ont aucune source d’information pouvant les alerter sur les facteurs de risque. À partir de là, il est impossible de prévenir la survenue d’un diabète pendant la grossesse. 

Pour ma part, je cumulais deux facteurs de risque : grossesse tardive (je suis tombée enceinte à 40 ans) et présence d’un diabète de type 2 dans ma famille proche (mon père est touché). Jamais je n’avais entendu le terme « diabète gestationnel » avant qu’on me le diagnostique, à 5 SA. 

Bref… Je sens que je commence à m’énerver alors je passe à la suite ! Je vous propose maintenant d’agir concrètement pour vous débarrasser de votre sentiment de culpabilité et, même, en faire une force. 

« Je me sens coupable ! » | Ma méthode pour reprendre le dessus et être fière de soi 

Étape n°1 : accepter le diabète gestationnel

Le diagnostic est tombé comme un coup de massue. Vous n’avez rien vu venir mais voilà, le diabète gestationnel est là et bien là. Respirez un grand coup, prenez du recul et acceptez-le. Comme des milliers d’autres femmes enceintes, vous allez faire face et tout ira bien jusqu’à l’accouchement

Avancez à petits pas pour accepter, digérer l’annonce et prendre en main votre régime. Fixez-vous des objectifs atteignables en vous disant : « en faisant ça, je protège mon bébé ». Consultez par exemple des recettes adaptées à votre régime, établissez une nouvelle liste de courses, échangez avec d’autres femmes enceintes en train de lutter contre le diabète. Il y a des groupes Facebook super pour ça !

Étape n°2 : comprendre que se sentir coupable, c’est bien plus efficace que de se poser en victime

Se sentir coupable signifie que l’on prend le diabète au sérieux, ce qui n’est pas le cas de toutes les femmes enceintes (dixit les deux gynécos qui m’ont suivie). Premier bon point (car oui, il faut prendre son hyperglycémie au sérieux !). 

Deuxième bon point : si vous vous sentez en faute, vous allez tout faire pour réparer cette faute. Vous allez donc tout donner et relever ce pu**** de challenge : équilibrer votre diabète et donner naissance à un bébé en pleine forme ! 

Enfin, je trouve plus sain, plus “noble” d’être tenaillée par un sentiment de culpabilité que de se poser en victime d’une grave injustice (ce que j’ai fait au début). Se morfondre en se répétant : « Quoi, MOI, j’ai un diabète ? » « Mais qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? » Cette réaction revient à penser : « non, ça n’est pas normal, c’est impossible que je sois touchée. » Résultat : on reste les bras croisés à se demander pourquoi le destin vous a fait une si terrible surprise… Pas très constructif n’est-ce pas ? 

Étape n°3 : écarter les fausses croyances

Pour certaines, le diabète de grossesse développe de la peur, ce qui finit d’accentuer le sentiment de culpabilité. Exemples :

  1. J’ai mangé un quart de baguette au pt dej → ma glycémie va exploser → mon bébé va s’en ressentir → Il va peut-être souffrir, et ce sera de ma faute.
  2. Je suis incapable de maîtriser mes glycémies → je suis nulle (voire : “je suis une pauvre mer**”) et ça craint → par ma faute, par mon manque de volonté, je fais du mal à mon bébé. 
  3. Le médecin me met sous insuline → je suis sûre qu’il y a des effets secondaires sur le fœtus → et voilà, mon bébé va souffrir à cause de moi !

Mes réponses :

  1. Non, manger une fois un quart de baguette au pt dej et obtenir 1,70 g/L en postprandial ne vont pas mettre votre bébé en danger (attention, quand cela se produit de manière très très occasionnelle, on est bien d’accord !).
  2. Non, vous n’êtes pas nulle, encore moins une pauvre mer**. La glycémie dépend de tout un tas de facteurs, dont beaucoup ne sont pas du tout contrôlables. Les hormones de grossesse, l’état émotionnel, le sommeil, et certainement plein d’autres choses que je ne connais pas influent sur les taux. Donc si votre diabète est déséquilibré malgré le respect des recommandations, ce n’est pas de votre faute ! Vous faites du mieux que vous pouvez, et c’est ça votre job !
  3. Non, l’insuline n’a pas d’effets secondaires sur le fœtus. L’endocrino me l’a dit et répété. Cette hormone ne passe pas la barrière placentaire. Je me suis injectée de l’insuline cinq fois par jour pendant deux mois, mon bébé pétait le feu à la naissance. 

Étape n°4 : être fière de ses efforts

Et oui, il faut être fière ! Parce que gérer un régime pendant sa grossesse, avec les nausées et/ou fringales et/ou grosses envies de sucre, ce n’est pas rien ! C’est une épreuve à laquelle vous n’étiez pas préparée et dans laquelle vous mettez toute votre énergie. 
Des efforts, vous en faites tous les jours. Des contraintes, vous en avez un sacré paquet (les six dextros par jour, la surmédicalisation de votre grossesse, la frustration devant le menu d’un resto, etc.). Tout le monde ne peut pas en dire autant. Surmonter cela, franchement, c’est admirable. Alors soyez fière de vous hein !

4 réflexions au sujet de “Diabète gestationnel : apprendre à gérer la culpabilité | Ma méthode issue de 7 mois de régime antidiabète”

  1. Merci pour ce post qui rebooste un peu le moral! Je suis à 13SA+6, on vient de me diagnostiquer un DG….et je culpabilise, mais que je culpabilise! J’enchaîne les nausées et migraines depuis le début, et la seule chose qui me calmait ces fichues nausées avant que le Cariban ne me soit prescrit (nausées qui durent du matin au soir sinon c’est pas drôle, avec un boulot qui associe déplacements et postes au bureau), c’était le grignotage et le coca….je me dis que je n’ai clairement pas été sérieuse durant ces qques semaines, que c’est de ma faute si j’en suis là, que ce grignotage m’a fait plus de mal que de bien au final et que j’aurais mieux fait de serrer les dents en attendant…j’ai tellement peur d’avoir fichu en l’air ma santé, d’avoir fichu en l’air celle du petit…sans compter mon âge (j’arrive à 35 ans, c’est considéré comme plus à risque à partir de cet âge pour le DG) et la génétique (parent direct diabétique de type 2). J’attends le rdv diabéto avec appréhension malgré le rééquilibrage que j’ai entamé seule (aliments à IG faible, diminution de moitié des portions)….j’ai peur que ce rééquilibrage ne suffise pas (je n’ai pas encore le lecteur de glycémie, mais j’angoisse déjà de voir le taux s’afficher une fois que j’aurais commencé mes dextros). C’est affreux comme j’ai l’impression d’avoir tout fait de travers, d’être une future mère totalement pourrie…

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    • Bonjour Lou et merci pour ton message.

      Vraiment ne te mets pas dans des états pareils. Rassure-toi, tu n’as pas mis en danger la santé de ton bébé, ni la tienne. Tu es au début de ta grossesse, tu fais de ton mieux pour gérer tes nausées, et là tu es prête à tout faire pour bien gérer ton DG, tout cela c’est déjà très bien, je ne vois pas ce que tu aurais pu faire de plus. Tu peux continuer à grignoter si tu prends un aliment « sain » qui contient des glucides (pas un KitKat mais un fruit ;-)) couplé à un aliment riche en gras et en protéines (part de fromage sans pain par exemple). Mange le fromage en premier et le fruit ensuite. Tu as eu de bons réflexes avec les aliments IG bas. Par contre ne te prive pas. Cela peut être contre productif. Déjà tu vas être crevée, mentalement et physiquement, et cela ne régulera pas forcément tes glucides. Je m’explique… Repas 1 : une petite portion de riz complet + quelques bouquets de brocolis + beurre. Repas 2 : entrée style rillettes de thon sans pain ou tomates-mozza sans pain, puis même plat que repas 1 avec en plus un steak, puis éventuellement un fruit. Le repas 2 est beaucoup plus copieux mais fera moins monter ta glycémie car les ingrédients autres que le riz et le fruit vont freiner l’absorption des glucides. Ce qu’il faut, c’est que tu « noies » tes glucides dans le reste de tes aliments et, si possible, que tu manges les glucides le plus tard possible au cours du repas.

      Côté aliments à IG bas, que prends-tu exactement ? Je te conseille les lentilles vertes, pois chiches, haricots blancs.

      Après, ne te mets pas de pression excessive, gérer les nausées, surtout très fortes comme les tiennes, c’est super dur. Tu n’es pas un robot. C’est difficile d’accepter de ne pas pouvoir tout maîtriser (je n’y suis jamais vraiment arrivée en 7 mois…). Tu prends ton DG très au sérieux, c’est le plus important et tu vas y arriver. Ne sois pas trop dure avec toi-même et, une fois le régime en place, ne te fixe pas d’objectifs intenables.

      Une question qui me vient : ton DG a été détecté après une prise de glycémie à jeun ? A combien était cette glycémie ?

      De mon côté je suis tombée enceinte à 40 ans. Pas d’affolement par rapport à l’âge.

      En conclusion : enlève-toi de la tête que tu es « une future mère totalement pourrie » !

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      • Merci pour tous tes conseils et tes mots réconfortants. Le DG a été diagnostiqué par prise de sang à jeun, j’étais à 1g/L (la secrétaire du diabéto était effarée « vous étiez bien à jeun??? » ben oui, je n’allais pas me pointer au labo en ayant vidé le rayon viennoiseries du boulanger avant…).Ca a été la catastrophe dans ma tête car 3 semaines plus tôt j’étais à 0.89g/L, donc je partais confiante….
        Niveau aliments à IG bas je suis partie sur les légumineuses type pois chiches, lentilles vertes, flageolets, haricots rouges, pois cassés… (j’adore ça en plus), les féculents complets ou demi-complets, le riz noir, le quinoa, la farine complète, farine de pois chiches. J’ai réduit les portions en féculents au profit des légumineuses et légumes. Étant flexitarienne je mange peu carné, mais je compense à côté par du fromage (pasteurisé car toxo négative) et des yaourts nature pour un apport en protéines et MG. Et pour les petites collations je suis partie sur un peu de fruits à coque (noix de cajou non grillées et non salées, amandes) et un carré de chocolat noir (+70%) que je vais m’autoriser de temps à autre. Au niveau boissons c’est eau plate, pétillante et thé léger non sucré. Je ne sais pas si j’ai bon, j’essaie de choisir au mieux pour ne pas faire s’affoler la glycémie (pour le moment c’est compliqué de contrôler sans le lecteur et c’est stressant car j’ai peur que tout s’emballe après chaque bouchée). Par contre, je ne sais pas comment faire pour les événements à venir, j’ai beaucoup d’anniversaires à fêter dans mon entourage pour la fin d’année et j’ai peur aussi des repas de Noël et Nouvel An….comment réussir à gérer ça sans frustration? Est-ce qu’une toute petite part de bûche ou de gâteau sera autorisée quand même sans que ça ne fasse tout exploser? C’est compliqué dans ce genre de moments festifs et conviviaux, et je n’ai pas non plus envie de saper le moral des gens à leur dire « ça je peux manger, ah ça non je ne peux pas »…

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        • Le personnel médical ne prend pas toujours de gant, ne se rendant pas compte qu’un commentaire ou une remarque peut flinguer un moral, c’est dommage. Je ne suis pas médecin mais 1g/L ça ne me paraît pas catastrophique, et le 0.89 mesuré avant est rassurant. Pour ma part j’avais 1.12g/L à 4SA… Et j’ai eu le droit à une légère hyperglycémie jusqu’au 5e mois inclus (j’ai un diabète génétique rare, qui se gère au début différemment du DG) et mon bébé allait très bien. Donc vraiment elle aurait pu s’abstenir cette secrétaire !

          Ton régime alimentaire me semble vraiment bien et si ta diabéto est un minimum sympa elle devrait te féliciter pour ça.
          Elle te demandera peut-être d’ajouter viande et poisson, ce qui est très efficace pour faire baisser les taux. Je suis flexitarienne aussi et me suis forcée à manger un peu plus de viande car c’était radical sur les glycémies, mais tes taux seront peut-être bons sans en passer par là.

          Bon courage à toi !

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