Taboulé et diabète gestationnel sont-ils compatibles ? | Mon avis

Je vous le dis d’entrée : je n’ai pas mangé de taboulé pendant ma grossesse diabétique… Les raisons : 

  • Cette salade contient du couscous et des raisins secs, deux sources importantes de glucides. Dans mon esprit, c’était trop, mes taux allaient forcément bondir.
  • J’adore ça et je me disais : la barquette entière va y passer, je ne vais pas arriver à me contrôler.
  • Les taboulés industriels me rebutaient parce que, justement, ils sont industriels… Enceinte, j’ai vraiment ressenti une aversion pour les produits alimentaires transformés.
  • Quant à cuisiner moi-même une version “diabéto-compatible” du taboulé (donc allégée en couscous et sans raisins secs), je n’en voyais tout simplement pas l’intérêt…

Cela étant dit, faut-il bannir catégoriquement le taboulé du régime spécial diabète gestationnel ? Je n’en suis pas tout à fait convaincue. Il est selon moi possible d’associer taboulé et diabète de grossesse sans faire exploser sa glycémie, mais cela exige quelques adaptations non seulement de la recette, mais aussi (et surtout) de la structuration du repas 

Un principe dont il faut toujours se souvenir : l’assimilation des glucides (donc l’élévation de la glycémie) sera plus lente si vos glucides se noient dans d’autres types de nutriments (protéines, lipides) et dans les fibres alimentaires (que l’on trouve dans les légumes). Cela signifie quoi ? Eh bien que 100 g de taboulé pris en entrée (repas classique) et 100 g de taboulé mangés après une salade tomate – mozza et des rillettes saumon-avocat (lors d’un pique-nique par exemple), ça n’est pas du tout la même chose… Dans le premier cas, les glucides vont débouler dans votre ventre vide, puis poursuivre leur route dans votre organisme, sans que rien ne leur barre la route. Résultat : pic glycémique. Dans le deuxième cas, les glucides vont rester empêtrés dans tous les aliments non glucidiques que vous avez ingérés AVANT de dévorer votre taboulé. Résultat : une glycémie qui monte en douceur, sans dépasser les seuils autorisés

Bon, j’ai bien conscience que ma démonstration est un peu caricaturale. Scientifiquement, c’est forcément plus subtil et il est clair que si vous mangez votre taboulé en premier, tous les glucides ne vont pas déguerpir de votre estomac avant l’arrivée des autres aliments… Mais vous comprenez l’idée. Et si je vous en parle, c’est parce que cela m’a sauté aux yeux lors de mes prises de glycémie : glucides pris en début de repas > glycémie élevée, voire très élevée, dans 100 % des cas. Après, cela ne signifie pas que ce sera automatiquement le cas pour vous mais, une fois de plus, il y a ici, je trouve, un principe important à retenir.

Deuxième élément de réponse : selon le type de taboulé choisi, les conséquences au niveau des taux peuvent-elles être différentes ? Je n’ai pas testé sur mes glycémies, mais il me paraît plus prudent de consommer un taboulé au poulet sans raisins secs plutôt que le taboulé oriental classique. Voyons le tableau nutritionnel de quelques références du commerce :

Taboulé oriental de marque distributeur : 24 g de glucides aux 100 g, dont 4,9 g de sucre

Taboulé oriental d’une marque leader : 25 g de glucides aux 100 g, dont 5,4 g de sucre

Taboulé au poulet d’une marque distributeur : 19 g de glucides aux 100 g, dont 1,6 g de sucre

Taboulé au poulet d’une marque leader : 18,5 g de glucides aux 100 g, dont 2,5 g de sucre

À titre de comparaison, 100 g de riz blanc cuit contiennent en moyenne 31,8 g de glucides (mais pas de sucre), 100 g de pommes de terre cuites à l’eau contiennent 15,7 g de glucides (pas de sucre non plus), 100 g de pâtes classiques cuites contiennent 25 g de glucides (dont 0,6 g de sucre). Le riz, les pommes de terre et les pâtes sont tout à fait autorisés dans le cadre d’un régime adapté au diabète pendant la grossesse. Le taboulé ne contient pas plus de glucides (donc devrait être autorisé aussi !). La différence se fait sur le sucre, présent dans le taboulé mais pas, ou très peu, dans les féculents classiques. Celui-ci est issu des raisins secs et, parfois, de l’ajout de sucre pur dans la recette. Cela a-t-il une conséquence directe sur la glycémie ? Autrement dit, est-ce que manger 100 g de riz ou 100 g de taboulé au poulet ou 100 g de taboulé oriental mèneront à une glycémie similaire ? Eh bien c’est impossible à dire (même si, de mon point de vue, avaler des plats industriels contenant des sucres ajoutés est une hérésie quand on doit lutter contre un diabète). Il faut prendre en compte l’index glycémique (élevé pour le riz, donc mauvais point, plutôt bas pour le taboulé en revanche), l’accompagnement du riz (qui peut faire baisser son index glycémique…), la cuisson du riz, la composition globale du repas, etc., etc.. 

(Voilà, j’en arrive à un autre problème de la grossesse diabétique : les questionnements sans fin autour de l’impact des aliments sur la glycémie… Je vais y couper court en terminant rapidement cet article !)

Ce que je retire de tout cela : au regard de la quantité de glucides, le taboulé n’est ni meilleur ni moins bon que les féculents classiques. Intégré intelligemment à votre menu, il ne devrait pas conduire à une glycémie stratosphérique. Malgré tout, il faut tester et, pour cela, je vous invite à ne consommer qu’une petite quantité de taboulé au début, idéalement sans raisins secs.

Vous savez quoi ? J’en viens presque à regretter de ne pas avoir essayé d’en manger pendant ma grossesse… 

Les teneurs en glucides des féculents cités sont issues de la table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual.

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« Diabète pendant la grossesse »

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